(Charlotte Willaume)
J'ai 23 ans, je viens de Paris et j'étudie à l'école d'arts & médias de Caen à l'ésam en master design éditions.
charlotte.willaume@hotmail.fr
@chawillaume

(Rue Pierre Girard) Dans une ville
inconnue
, on est plus attentifs aux rues que l'on traverse. Je remarque ainsi ces boutiques
vides,
fermées,
abandonnées. Puis en cherchant à revenir sur certains lieux choisis, je tombe à nouveau sur cette rue.
Je m’y promène
virtuellement et, par une vue d’ensemble dans l’espace et dans le temps, que Google Street view facilite, je trouve un propos.
Ces vitrines
font la
démonstration
du
rien.
Cet outil cartographique,
sans volonté ni conscience,
me montre un existentialisme inversé. Il faut trouver une essence à ces espaces
dépassés
, désuets.
Ici,
ici,
ici,
et encore
ici,
j’interroge le vide en plaçant des réflexions de philosophes et d’écrivains (Georges Perec dans Espèces d'espaces, Henri Michaux dans L'espace du dedans, et d'autres) dont les remarques remettaient déjà en cause
l’avenir de la ville
. Ces lieux de passages deviennent
les vitrines de leurs reflexions.
Et je leurs donne une place virtuelle et une temporalité en les intégrant dans Google Street view.
Zoom in:

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(Interactions suspendues) Mon regard dans cette ville vide s'est aussi attardé sur certains
objets
qui la composent. Ces éléments du paysage urbain auxquels nous sommes accoutumés, censés braver les intempéries et
les actions des hommes
, semblaient soudain désuets, dénués de sens. En novembre, chaque interaction est synonyme de
danger
ou d’affront, ces objets sont
coupés du monde.
Ils font acte de présence alors qu’ils étaient conçus pour répondre à des besoins qui ne sont
plus d’actualité
. Quelle est la place de ces objets dans le paysage qui s’offre à moi ? Ainsi, on pourrait retirer ces installations de mes trajets, devenus balades, moment de répit,
sans rien entraver
. Sans les effacer, on les ôte temporairement, on laisse leur place vide. Comme dans une démarche prospective. La ville est contexte, mais elle devient
support de mes pensées
, et même son objet, la plupart du temps.
Papier gris 250g, A5.


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(Glossaire) Dans l'ouvrage
Solid Objects,
de Virginia Wolf, il est question de l’impulsion d’un homme qui garde un morceau de
verre poli
par l’eau, et de la sensibilité qu’il va développer par la suite. En m’interrogeant sur la manière la plus juste d’illustrer les expressions
les plus évocatrices de ce texte
, j’ai choisi de me rapporter au moteur de recherche Google images, un outil
insensible
où les images issues de certaines recherches sont parfois
étonnantes
lorsqu'on s'interroge sur la raison de leurs correspondances. En réalisant un
glossaire
, je sous-entend que l’image associée au mot est universelle. Chaque réponse est l'une des premières qui apparaît lorsque l'on cherche entre chaque groupe de mots sur Google images. Pour ne pas laisser de coté le texte intégral, je crée une interface qui le contient et qui permet aux images de
se révéler
à la manière dont elles me sont apparues à la lecture du texte.
Papier couché 300g, 140x75mm, reliure spirale.

TEXTE INTEGRAL
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(Jacky)
Se saisir
de la forme d’un objet existant, optimisée pour répondre à une fonction bien précise. Les détacher de leurs
aspects esthétiques
pour les regrouper autour d’une fonction dont je les détache. Ils sont décontextualisés, pour qu’il ne reste que la forme à proprement parlé, et pour ainsi prouver qu’à elle seule elle a déjà quelque chose de particulier, sans fonction et sans les caractéristiques plastiques qui aurait pu être seul justification de mon attrait pour ces objets. Et en privant l’objet de touts les élèments que l’on aurait utilisé pour les définir. 6 pièces aluminium.
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(Jour de souffrance) Durant un workshop d’écriture poétique, nous devions aborder le sujet du regard, et travailler la
coquille typographique.
En refléchissant à une approche sensible du sujet, nous cherchions le regard le plus singulier sur le sujet. Ainsi même si notre trouvaille n'était pas un texte lyrique, il présentait un aspect différent de la notion de « vue », puisqu'il encadre les «
vues de voisinage
». Certaines notions du texte censées définir un élèment factuel avaient une résonnance poétique ou demandaient d'être comprises par leur contexte : « jour de souffrance »,
« chien assis »
, « servitude de vue », « mur aveugle ». Ainsi, nous avons pris ces expressions au pied de la lettre pour installer des coquilles typographiques et
photographiques
. On montre, en illustrant les termes abordés, qu’il devient presque absurde de considérer tout ce que les humains sont obligés d’inventer pour se supporter.
A3, impression riso, trichromie.


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(Circulation) Dans le cadre de la Biennale Exemplaires 2021 , nous avons composé 3 teasers pour annoncer notre thème : « la circulation dans le livre ». J’ai choisis de représenter
la page blanche
, la feuille de papier, l'espace de circulation, en contrastant avec celle qu'opère le vent sur la nature dans les
paysages choisis
. L'espace blanc laisse libre court à différents exercices de circulation. On propose une
pause
, un espace de liberté. Il rappelle un procédé fort de choix de circulation, qui consiste à mettre une page « en paysage », et il fait référence aux contextes dans lesquelles la page flotte. Les slashs m’ont évoquer l'utilisation qu'on en fait pour aller d'un fichier à un autre lorsqu’on code.

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(Rapport de stage chez les Frères Bouroullec)
Souvent l’édition montre l’objet, comment il se construit, comment il a été pensé, et parfois même on se
l'attribue
. Lors de mon stage chez les Frères Bouroullec, je suis, parmi tant d’objets, tombée en (presque) fascination, avec cette
forme de nuage
(le cloud), que les designers avaient utilisé pour différents mobiliers (bibliothèques, vase, installation urbaine, etc.). J’ai utilisé cette dernière pour composer mon rapport de stage, afin que mon travail en 2D puisse occuper l’espace. Et grâce aux formats A4 qu’on peut
superposer
, de nouvelles formes et contre-formes apparaissent. Des combinaisons sans fins naissent de cette forme décomposée par le format papier.
12 A4 composent une forme de 84x89,1cm, papier couché 300g, évidé.


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(Ce fut) Nous avons découpé avec Gabrielle Isnard une
photo
de Phillip Blenkinsop, choisie pour sa force de composition, en différentes formes afin de les individualiser. Nous avons décidé de sélectionner différents matériaux :
le béton,
le mastique
et le plâtre. Puis, nous en avons proposé une nouvelle composition. Pour rappeler la photo d'origine et ne pas la rendre anécdotique, nous avons illustré notre propos en nous appuyant sur le texte de
La chambre claire
de Roland Barthes, qui témoigne de l’importance de la photographie pour dire que « ça a été ». Dès lors que nous avons eu en notre possession la preuve de vérité de la scène, nous l’avons
déconstruite
pour lui donner
une nouvelle existence.
En évoluant avec les formes créees, qui devenaient intéressantes individuellement, nous avons créé une nouvelle composition.
Page A2, forme en aluminium, béton, mastique.


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(Je suis ce que j’étais) Dans ce cours-métrage, un jeune homme de 20 ans se projette au travers d'une balade, dans des souvenirs, pour éviter à tout prix de penser à l’avenir. Pour le
fuir
et s’éloigner des informations anxiogènes qui affluent dans son quotidien, il se promène car il n’arrive plus à vouloir
avancer
, car la situation écologique, dans son sens le plus large, semble condamner toutes ses ambitions. Ainsi, dans ses moments d’errances, Max se projette dans des
scènes passées
, d’enfance, et se rappelle comme il était heureux. Je voulais nous faire s'immisser dans ses pensées, dans un paysage réel avec ses visions propres. Ces
ballons rouges
portent un symbole fort, celui des souvenirs et de l’innocence.
Court métrage, 2min15.

Lien Nikon Film Festival 2019

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